Dépigeonnage en Seine-Saint-Denis
En Seine-Saint-Denis, trois logements sur quatre sont des appartements et près d’un tiers des ménages louent un logement social. Les pigeons y nichent sur les immeubles collectifs comme dans les entrepôts des zones d’activité, et les communes, les bailleurs et les copropriétés cherchent ensemble à limiter leurs abris.
Un parc collectif où bailleurs et copropriétés sont en première ligne
La Seine-Saint-Denis compte 1,70 million d’habitants dans 39 communes depuis la fusion de Pierrefitte-sur-Seine avec Saint-Denis en 2025. La préfecture est à Bobigny.
Le recensement de 2023 y dénombre 75,7 % d’appartements et 22,1 % de maisons. Le parc s’est surtout construit entre 1946 et 1990, puisque 29 % des résidences principales datent de 1946 à 1970 et 28,3 % de 1971 à 1990. Les bailleurs sociaux logent 31 % des ménages, ce qui fait d’eux, avec les syndics, les premiers interlocuteurs lorsque des pigeons s’installent sur une façade, un toit-terrasse ou des parties communes.
Une part de la plateforme aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle se trouve dans le département, Tremblay-en-France comptant parmi ses communes d’emprise. Selon l’Insee, ses 1 360 établissements employaient 94 600 salariés en 2023. Entrepôts, quais et bâtiments techniques y posent les mêmes questions d’hygiène que les immeubles, avec des contraintes d’exploitation en plus. À Saint-Denis, la basilique-cathédrale, édifiée aux XIIe et XIIIe siècles, rappelle que les édifices anciens demandent des protections discrètes.
Les actions menées par les villes de Seine-Saint-Denis
Nourrir les pigeons de façon systématique ou habituelle est interdit lorsque cela provoque une insalubrité, en application de l’article R1331-54 du Code de la santé publique. Les communes du département complètent cette règle par des actions de terrain, souvent coordonnées avec les bailleurs.
- Drancy a réhabilité le pigeonnier contraceptif du parc de Ladoucette, puis en a installé trois autres, cité du Nord, boulevard Paul-Vaillant-Couturier et aux jardins Mandela.
- Montreuil interdit de nourrir les pigeons, ne pratique pas de captures à but de mort et dispose d’un pigeonnier au parc Jean-Moulin-Les Guilands, géré par le Département.
- Épinay-sur-Seine organise une à deux campagnes par an, supprime les sites de nourrissage et propose un formulaire de signalement.
- Sevran harmonise depuis 2008 ses campagnes avec les villes voisines, les bailleurs et les copropriétés, tandis qu’à Stains les bailleurs posent grilles, pics et filets sur leurs bâtiments.
À Stains, la répartition des rôles est nette. La ville agit sur l’espace public et chaque propriétaire équipe son propre bâtiment. Une copropriété ou un bailleur doit donc traiter ses façades et ses toitures, même lorsque la commune mène une campagne dans le quartier.
Protéger un immeuble ou un site d’activité dans le 93
Sur un immeuble collectif, l’objectif est de supprimer les sites de nidification et de pose les plus exposés, en commençant par ceux qui touchent les logements et les parties communes.
- Les pics anti-pigeons et les fils tendus traitent les rebords, acrotères et appuis de fenêtres sur de grandes longueurs de façade.
- Le filet anti-pigeon ferme les balcons, loggias, courettes et dessous de passerelles où les oiseaux nichent.
- Le nettoyage des fientes intervient d’abord lorsque des nids ou des dépôts se sont accumulés dans les parties communes ou les locaux techniques.
Bailleurs et syndics trouveront la démarche dédiée aux copropriétés, utile pour présenter une proposition au conseil syndical. Pour un entrepôt, une plateforme logistique ou un commerce, la page consacrée aux sites industriels et logistiques décrit une intervention organisée autour de l’activité.
Article 124 : le règlement sanitaire de Seine-Saint-Denis sur le nourrissage
Le règlement sanitaire départemental de Seine-Saint-Denis ne suit pas la numérotation que l’on trouve à Paris ou dans les Yvelines. Épinay-sur-Seine rappelle que l’interdiction de nourrir les animaux errants ou sauvages, pigeons compris, y figure à l’article 124.
La ville cite cet article avec l’article R1331-54 du Code de la santé publique et décrit une régulation raisonnée, qui vise une population stable plutôt que la disparition des oiseaux. Elle supprime les sites de nourrissage repérés ainsi que les sites de nidification sauvage, et met en ligne deux formulaires, l’un pour signaler un regroupement de pigeons sur la voie publique, l’autre pour un animal mort ou blessé. Elle demande aussi de ne pas toucher un pigeon mort ou blessé.
Ces formulaires concernent l’espace public. Lorsque les pigeons occupent la cour, la toiture ou les balcons d’une résidence, le signalement s’adresse au syndic ou au bailleur, qui fait étudier le bâtiment. Notre article sur la réglementation du nourrissage explique comment réagir lorsqu’un voisin nourrit les oiseaux depuis son balcon.
Bobigny, Pantin, Montreuil : les pigeonniers de Seine-Saint-Denis
Bien avant les pigeonniers récents de Drancy, plusieurs villes de Seine-Saint-Denis ont accueilli ce type d’équipement, selon le guide sur le pigeon en ville publié en 2012 par Natureparif.
Ce guide date de 1998 le pigeonnier de Bobigny et indique que Pantin a mis des pigeonniers à la disposition d’un programme de recherche sur les pigeons urbains. À Montreuil, le pigeonnier du parc Jean-Moulin-Les Guilands est géré par le Conseil départemental. La ville y distingue deux espèces, le ramier, sauvage, et le biset, domestique, et oriente les personnes qui trouvent un oiseau sauvage blessé, pigeon compris, vers l’association Faune Alfort ou l’École nationale vétérinaire d’Alfort.
Des deux, c’est le biset qui recherche les cavités du bâti, et donc les loggias, les coursives et les recoins de façade des immeubles. Lorsqu’il s’y est installé, le nettoyage des fientes des dépôts puis la fermeture des accès traitent le bâtiment, quel que soit le nombre de pigeonniers dans la commune.
Transmettre une demande pour la Seine-Saint-Denis
Précisez dans la demande de devis la commune, le nombre de bâtiments ou de cages d’escalier concernés et les zones occupées. Les photos jointes restent privées.
Un technicien intervenant en Seine-Saint-Denis prend contact avec vous pour une visite, puis remet un devis décrivant les zones traitées, les accès nécessaires et l’organisation vis-à-vis des occupants. Vous pouvez aussi poser une question avant de vous engager.
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