Dépigeonnage à Paris
À Paris, 97 % des logements sont des appartements et près d’un tiers des résidences principales datent d’avant 1919. Corniches en pierre, balcons filants, cours et courettes offrent aux pigeons des reposoirs à chaque étage, et leurs fientes attaquent des façades que les copropriétés doivent ensuite ravaler.
Un bâti ancien que les fientes abîment
Paris compte 2,1 millions d’habitants, répartis dans une seule commune découpée en 20 arrondissements. Son parc de logements est presque entièrement collectif.
Selon le recensement de 2023, 31,4 % des résidences principales ont été achevées avant 1919 et 17,4 % entre 1919 et 1945. D’après la carte de datation de l’Apur relayée par la Ville, environ 45 % des bâtiments parisiens datent de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à 1914, la période haussmannienne, et près de 9 % sont antérieurs à 1800. Ces immeubles offrent aux pigeons des corniches moulurées, des bandeaux, des appuis de fenêtres, des balcons à garde-corps et des toitures en zinc où se poser.
La Ville de Paris rappelle qu’un pigeon produit jusqu’à 12 kilos de fientes par an, dont l’acidité attaque la pierre et qui peuvent obstruer les gouttières et les conduits. Une étude de 2016-2017 citée par la Ville estimait la population de pigeons bisets à environ 23 000 oiseaux, loin du chiffre de 100 000 souvent avancé. Leur concentration sur certains immeubles suffit pourtant à dégrader une façade, une cour ou une verrière.
Biset, ramier, colombin : les trois pigeons de Paris
La Ville de Paris distingue trois espèces de pigeons dans la capitale. Elles n’occupent pas les immeubles de la même façon, et savoir laquelle fréquente une façade aide à choisir la protection.
Le pigeon biset, de loin le plus courant, niche dans les trous du bâti comme il nichait autrefois dans les parois rocheuses. C’est lui qui s’installe dans les corniches, les courettes et les recoins de toiture. Le pigeon ramier, ou palombe, niche dans les arbres, mais la Ville observe qu’il s’installe de plus en plus dans les jardinières et sur les balcons. Le pigeon colombin, plus discret, préfère les toits et les antennes et niche dans les cavités des arbres.
Les fientes donnent un premier indice. Celles du ramier sont vert-marron, celles du pigeon domestique noires et blanches. Au printemps, les ramiers se nourrissent de bourgeons de marronniers, et leurs fientes tombent alors sur les voitures et les deux-roues garés dessous, une gêne de voirie qui ne relève pas d’une protection d’immeuble.
Combien y a-t-il de pigeons à Paris ?
L’étude menée en 2016 et 2017 par les associations Espaces et AERHO à la demande de la Ville évalue la population à environ 23 000 pigeons bisets. Selon un sondage AERHO-Ifop cité par la Ville, 63 % des Parisiens ont l’impression que leur nombre se stabilise ou baisse. La brochure « Habiter durable » ajoute qu’un pigeon vit en moyenne cinq ans à Paris, contre une trentaine d’années en captivité.
Ce que prévoit le règlement sanitaire départemental de Paris
Nourrir les pigeons de façon systématique ou habituelle est interdit lorsque cela provoque une insalubrité, en application de l’article R1331-54 du Code de la santé publique. Paris a aussi son propre règlement sanitaire, adopté par arrêté du 20 novembre 1979, et la Ville en a résumé les dispositions utiles aux habitants.
- L’article 120 interdit de jeter ou de déposer de la nourriture sur la voie publique pour attirer les animaux errants ou sauvages.
- L’article 26 interdit d’attirer habituellement les pigeons lorsque cela provoque une insalubrité ou une gêne pour le voisinage.
- L’article 41 ter demande aux propriétaires de protéger les ouvertures des bâtiments par un grillage contre les rongeurs et les pigeons.
La Ville entretient onze pigeonniers, où la première couvée de chaque couple est conservée et les œufs suivants rendus stériles, et sa page consacrée aux pigeons mentionne une amende de 135 € pour nourrissage. En cas de nuisance dans un immeuble, elle conseille de passer d’abord par le gestionnaire, puis par la mairie et la préfecture de police.
La brochure « Habiter durable » précise la suite des démarches. Les inspecteurs de la direction du logement et de l’habitat enquêtent après une plainte pour insalubrité avérée, et les services vétérinaires de la préfecture de police, saisis eux aussi sur plainte, sont habilités à intervenir dans les parties privatives. Si le comportement à l’origine des nuisances persiste et que le préjudice est important, gestionnaires et résidents peuvent agir en justice sur le fondement des troubles de voisinage.
Les onze pigeonniers de la Ville de Paris
La Ville de Paris gère onze pigeonniers dans la capitale, dont celui du parc de Choisy, dans le 13e arrondissement. Leur principe consiste à fixer les pigeons bisets d’un quartier dans un lieu où ils trouvent abri et nourriture, puis à limiter leurs naissances.
Selon la brochure municipale, la première couvée de chaque couple est préservée. Les œufs suivants sont secoués pour arrêter leur développement, puis laissés quelque temps en place pour que les oiseaux ne désertent pas, si bien que les couples n’élèvent qu’une couvée par an au lieu de six à huit. L’entretien est confié à une société agréée, et un pigeon malade ou blessé est retiré pour être confié à l’École nationale vétérinaire d’Alfort.
Environ 1 000 pigeons dorment dans ces pigeonniers, soit près de 5 % de la population parisienne. Le plan « Pigeons à Paris » prévoit de renforcer les pigeonniers existants, d’y reprendre le nourrissage pour augmenter leur taux d’occupation, d’en installer de nouveaux dans les arrondissements qui le souhaitent, d’expérimenter des abris sous les ponts et d’étudier, dans le plan local d’urbanisme, des prescriptions architecturales sur les cavités des bâtiments.
Ces mesures agissent sur la population d’un quartier. Un couple déjà installé dans une courette ou sous un chéneau reste en place tant que l’accès lui est ouvert, et seule une protection physique, comme un filet anti-pigeon ou des fils tendus, le contraint à partir.
Protéger les façades et les cours des immeubles parisiens
La brochure « Habiter durable » de la Ville recommande les picots, le fil tendu, les filets et les grilles, de préférence posés lors d’un ravalement. Elle déconseille en revanche les ultrasons, les répulsifs olfactifs ou visuels et les gels, qui abîment la pierre.
- Sur les corniches, bandeaux et appuis de fenêtres, les pics anti-pigeons et les fils tendus empêchent l’atterrissage tout en restant discrets depuis la rue.
- Le filet anti-pigeon ferme les cours, courettes et balcons où les oiseaux nichent.
- Le nettoyage des fientes et la désinfection précèdent la pose sur les façades et les verrières déjà souillées.
Programmer la pose avec le ravalement évite de monter deux fois un échafaudage ou une nacelle. Les syndics se reporteront à la démarche dédiée aux copropriétés, les commerces et locaux d’activité à l’approche propre aux sites industriels et logistiques. Notre guide sur l’efficacité des ultrasons anti-pigeons revient sur les dispositifs que la Ville déconseille.
Le ravalement décennal, l’occasion de poser les protections
Paris fait partie des communes où le ravalement doit être réalisé au moins une fois tous les dix ans, sur injonction du maire, et les travaux doivent ensuite être engagés dans les six mois, selon service-public.gouv.fr. La brochure « Habiter durable » invite les propriétaires à repérer à cette occasion les endroits propices à la nidification et signale qu’une TVA à taux réduit peut s’appliquer à certains dispositifs, au titre de l’article 279-0 bis du Code général des impôts. Dans une copropriété, prévoir les protections dans le même vote que le ravalement évite un second accès à la façade.
Faire une demande pour un immeuble parisien
Mentionnez l’arrondissement et l’étage, en précisant si les oiseaux occupent la façade sur rue, la cour ou la toiture. Pour une copropriété, signalez aussi si un ravalement est prévu.
À réception de votre demande, un technicien intervenant à Paris vous recontacte pour organiser la visite. Il étudie les accès, souvent déterminants dans un immeuble ancien, puis établit son devis. Le formulaire de contact reste disponible pour une première question.
D’après le recensement de 2023, 61,9 % des ménages parisiens sont locataires, dont 18,1 % dans un logement HLM, et 33,2 % sont propriétaires de leur résidence principale. Un locataire gêné par des pigeons sur sa fenêtre ou dans la cour signale donc d’abord la situation à son propriétaire, au syndic ou au bailleur social, qui peut lui-même déposer la demande pour l’immeuble.
Un problème de pigeons à Paris ?
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